Tour contre fou : le coin sûr
Les Noirs jouent et font nulle
JouerUne tour entière de plus, roi en sixième rangée, et ton fou seul tient quand même. Tu es installé dans le seul coin que la tour ne peut pas fissurer : le coin que ton fou ne contrôle PAS.
Pas besoin de compte. L'adversaire n'abandonne jamais, et chaque erreur est expliquée.
Tour contre fou : le coin sûr
Hold the draw against perfect play
Waking the engine…
La théorie
Tour contre fou, sans pion, ressemble à une formalité pour la tour. C'est pourtant nulle depuis presque partout, et toute la théorie de cette finale tient dans un slogan d'agent immobilier : l'emplacement. Le roi défenseur veut le coin dont son propre fou ne peut PAS toucher la couleur.
Pourquoi le coin dépareillé tient. Piégé en h8 avec un fou de cases claires, le défenseur dispose toujours de l'interposition en g8 contre l'échec sur la dernière rangée. Prendre le fou permet au roi de reprendre pour une nulle triviale, et maintenir le clouage se retourne spectaculairement contre l'attaquant : le fou cloué ne peut pas bouger, le roi n'a aucune case, et le défenseur est pat sur-le-champ. La tour peut gagner un tempo n'importe où sur l'échiquier, sauf au seul endroit où elle en aurait besoin.
Pourquoi le coin assorti perd. Place le même roi dans un coin de la couleur du fou et le pat s'évapore : le fou occupe désormais la case de respiration du roi au lieu de la garder, le zugzwang arrive, et la tour ramasse le fou ou fait mat. Une seule diagonale de différence sépare une forteresse d'un enterrement.
Valeur pratique : c'est le sauvetage de dernier recours classique quand une qualité tombe dans une position simplifiée, et savoir DANS QUEL coin courir doit être automatique, car la course commence de nombreux coups avant que la forteresse ne se forme. L'attaquant tablebase de cet exercice punira le moindre faux pas du fou, ce qui est la leçon : la forteresse est solide, mais seul son ameublement exact la maintient debout.